jeudi 25 août 2016

Le jardin de la reine

L'étoile de la mer, sur le toit de la chapelle Notre-Dame de Bon-Secours,
et en arrière-plan le Mont-Royal et sa croix  (photographiés de l'Ile Sainte-Hélène)
 
 
A la fin du mois de juin, j'ai entendu parler sur le blog "Autour de Carl" http://carl-gustav-jung.blogspot.ca/ du livre d'Etienne Perrot "Le jardin de la reine - Méditations sur la synchronicité".  Le 19 juillet, je commence à m'informer en vue de le commander.  Entretemps j'ai vu deux fois le film "BGG le bon gros géant" de Steven Spielberg, et j'ai acheté le livre dont le film est tiré, de Roald Dahl.  Mais je réalise seulement le 20 juillet, à la fin de ma lecture, de la coïncidence:  le bon gros géant et la petite Sophie (notez que Sophia veut dire Sagesse) voyagent jusque dans le jardin de la reine d'Angleterre qu'ils traversent pour trouver sa chambre, dans le but de lui insuffler un rêve qui lui apprendra que des géants enlèvent des enfants et les mangent.  Ainsi elle leur accordera son aide pour neutraliser ces méchants géants.

Le 1er août, sur mon calendrier/quizz, on m'interroge au sujet des algues:  "Savez-vous comment s'appelle celle dont on fait de l'engrais?"  Réponse:  "Le varech est utilisé comme engrais en Bretagne et en Normandie."  Ce qui m'a fait penser à Etienne Perrot qui est breton.  Il m'a paru intéressant d'apprendre qu'un végétal trouvé dans la mer servait à engraisser les champs, la mer étant le symbole par excellence de l'inconscient collectif, et Perrot étant, à l'instar de Jung son prédécesseur, analyste des profondeurs. 

Cette même journée, le librairie à qui j'ai commandé le livre me téléphone pour me dire que "Le jardin de la reine" est arrivé.  Le lendemain 2 août, je vais le chercher.  Le vendredi suivant, 5 août, je regarde à la télévision un film qui relate la vie de Stephen Hawking:  La théorie de l'univers.  A la fin de ce film, Hawking rencontre la reine d'Angleterre, il reçoit un titre honorifique:  compagnon d'honneur, toute sa famille est invitée et on voit ses trois enfants dans le jardin de la reine.

Le 11 août, j'ai commencé la lecture du livre.  Le jardin c'est l'univers, la reine c'est la Grande Mère, la Shakti des Indes, la Mère Universelle, la Sagesse dans la bible, énergie créatrice féminine.  On y parle beaucoup du Yi-King, livre des transformations, vieil oracle chinois, important relais du phénomène de synchronicité.  Je pense au terme "livre des transformations", mais m'aperçois que j'épelle le mot T-R-A-N-S-F-O-R-M-A-T-I-O-N-S, puis j'ai la vision de flammes qui naissent à la base de ces lettres et s'élèvent:  l'énergie des transformations qui se vivent l'une après l'autre tout au long de notre vie, et à mesure on mûrit.

Le 19 août, je vais me promener et me reposer à l'Ile Sainte-Hélène.  Assise sur un banc face au fleuve, je me demande quelle est la puissance du zoom de mon appareil-photo: qu'est-ce que je peux voir à Montréal de cette distance en me servant du zoom comme de lunettes d'approche?   Et c'est ainsi que je remarque une statue de la Vierge Marie, au vieux port de Montréal, juste à côté du marché Bonsecours.  Intriguée, j'en prends quelques photos.

Le même jour, je lis un bout du livre de Jules Verne "Vingt mille lieues sous les mers".  Et ce n'est qu'en arrivant à la page 176 où on parle d'algues que je réalise ... je suis en train de lire un livre extrêmement détaillé sur la mer (Jules Verne, on peut dire qu'il est très, très minutieux dans ses énumérations).  J'avais pourtant fait le lien entre la question de mon calendrier et Etienne Perrot, et la mer symbole de l'inconscient.  Jules Verne écrit:  "Ces algues sont véritablement un prodige de la création, une des merveilles de la flore universelle.  Cette famille produit à la fois les plus petits et les plus grands végétaux du globe.  Car de même qu'on a compté quarante mille de ces imperceptibles plantules dans un espace de cinq millimètres carrés, de même on a recueilli des fucus dont la longueur dépassait cinq cent mètres."  L'inconscient est peuplé d'innombrables éléments de toutes sortes.

Le 21 août, je cherche sur internet des informations au sujet de cette immense statue de la Vierge.  Elle a été érigée sur le toit de la Chapelle Notre-Dame de Bon-Secours, au    400 rue St-Paul, et on l'appelle "L'étoile de la mer", protectrice des marins.  Juste après avoir trouvé ces informations, je me dirige vers mon salon pour allumer la télévision.  Je suis en train de penser à la "Reine", Grande-Mère, Shakti, dont la Vierge Marie est l'incarnation de chair (on la dit trône ou demeure de la Sagesse) ... j'ouvre la télévision (elle ouvre toujours au même canal, le 9) et j'entends réciter un "Je vous salue Marie", et vois en même temps apparaître les paroles écrites.  Et cet "Ave Maria" est suivi d'autres:  c'était la récitation du chapelet.

Le 24 août, je suis partie avec mon appareil-photo avec l'intention de voir cette "Etoile de la mer" de plus près, et de visiter la chapelle et le musée de Marguerite Bourgeoys qui s'y trouve.  Cette chapelle a d'abord été bâtie en bois à l'instigation de Marguerite Bourgeoys, elle a été détruite par un incendie et reconstruite en pierres par la suite.

Astre béni du matin  -  Cantique des gens de mer
(Extrait)

Astre béni du matin
Conduis ma barque au rivage
Garde-moi de tout naufrage,
Blanche étoile du matin.

Lorsque les flots en courroux
Viendront menacer ma tête,
Calme, calme la tempête,
Rends pour moi le ciel plus doux.

Combien d'écueils dangereux
Sur cette mer inconnue!
Découvre-les à ma vue,
Phare toujours lumineux.

Voici le résumé du livre "Le jardin de la reine" sur le site de l'éditeur "La fontaine de pierre":   http://www.lafontainedepierre.net/de-le-jardin-de-la-reine-20.html

"Dans le Jardin de la Reine, de la Sagesse, éclosent des fleurs que C.G. Jung a appelées synchronicités.

La correspondance qui soudain se manifeste entre un événement extérieur et un vécu intérieur est évoquée par Étienne Perrot à l’aide de certains exemples, comme le hasard significatif ou le Yi king. Elle se trouve également mise en évidence dans la narration d’histoires individuelles, caractéristiques, attestant que des coïncidences se révèlent être signifiantes et permettent à tout être qui s’implique dans sa vie intérieure de s’ouvrir à ce qui lui advient et d’en accueillir le sens.

Échappant à la causalité, la synchronicité vivifie celui qui en fait l’expérience, car elle le place dans un autre mode de perception que celui de la rationalité et l’aide à se situer dans une sorte d’unité ou d’unification, dans l’unus mundus des alchimistes, là où semble opérer l’âme du monde."


Ainsi la lecture de ce livre qui parle de synchronicités a été pour moi accompagnée de plusieurs clins d'œil de Sainte Chronicité, comme l'appelle avec humour Etienne Perrot, personnifiant ainsi la Sagesse mise à notre portée, à condition qu'on garde l'esprit ouvert à Ses manifestations et qu'on y mette ensuite du sien pour alimenter ce dialogue magique avec la Vie.

Michelle

 
 
L'étoile de mer, sur le toit de la chapelle Notre-Dame de Bonsecours.
Remarquez la lune, symbole féminin, à gauche du socle de la statue.





dimanche 31 janvier 2016

LA GRANDE ROUE


 
Depuis quelques semaines, je pense beaucoup à mon départ prochain pour la retraite en juin après 40 ans au C.L.S.C.  Je passe par différents états en pensant à un aspect ou l'autre de mon travail, passant du soulagement à l'anxiété.  Le 19 ou 20 janvier, j'ai tiré une carte de mon tarot d'Osho:  la carte No 10 qui correspond à la roue du destin, la roue du temps, le changement.  Commentaire d'Osho:  "Si vous vous agrippez au bord de la roue, vous serez pris par le vertige.  Dirigez-vous vers le centre de ce cyclone et détendez-vous sachant que cela passera aussi."
 
Le 24 janvier, j'ai une vision intérieure:  une très grande roue au bord de la mer.  La roue est grise et la mer aussi.  J'ai fait ce collage pour illustrer ma vision, mais la roue que j'ai vue n'était pas une roue de fête foraine comme celle-ci.  Le tour était lisse et étroit et il y avait de nombreux rayons.  De plus je la voyais d'un point de vue un peu différent, d'en arrière mais pas tout à fait, ce qui me permettait d'apercevoir ses rayons.  Sa base était comme ça dans l'eau.  Elle ne bougeait pas, mais était dans une position qui suggérait un mouvement vers l'horizon.  
 
Il m'est arrivé de monter dans une grande roue de fête foraine mais je l'avais regretté.  J'ai bien trop le vertige pour apprécier ce genre d'activité.  Pensée qui me ramène au commentaire d'Osho:  ne pas m'agripper à la roue mais me tenir au centre pour être plus sereine.  Autrement dit arrêter de penser à ma retraite en termes d'avoir hâte à cause du stress ou d'avoir peur à cause de ce qui va me manquer.  De toute façon, ma décision est prise ... on verra bien!
 
La roue de fortune, carte 10 du tarot, "correspond en astrologie à la 10e maison horoscopique qui représente la situation sociale et professionnelle" d'après le dictionnaire des symboles.  Intéressant!
 
La roue est symbole du Soi et l'homme qui se tient au centre est parvenu au centre de sa propre individualité, en harmonie avec le Soi, évitant ainsi d'être ballotté par la Vie.  Cette grande roue grise roulant au bord de la mer grise, conscience longeant l'inconscient, n'est cependant pas dans l'angle habituel des symboles du Soi:  par exemple les rosaces ou les mandalas.   Ce qui suggère un départ, puisqu'il s'agit d'une roue. 
 
Cette vision m'a parue intemporelle et impressionnante ... comme ce grand changement dans ma vie, qui s'en vient à grands pas!
 
Michelle
31 janvier 2016
 
P.S.  Demain c'est mon anniversaire, 65 ans déjà!
 

 


samedi 15 août 2015

LE SEMEUR

Photo prise au biodôme de Montréal le 12 août 2015

Le 27 juillet dernier, une vision intérieure:  Je vois un personnage aux vêtements amples et de couleur claire, debout juste à côté d'une rivière, qui laisse tomber dans l'eau de fines particules qui ont l'air lumineuses.  Je ne sais pas si ce personnage est féminin ou masculin.  Les particules sont pour moi de toute évidence de la nourriture pour les poissons, je suis fascinée par leur luminosité, comme s'ils reflétaient la lumière du soleil.  Je pense aux paroles de la chanson "Maître Pierre":  "Le froment vole dans la lumière".  J'ai l'impression que cette scène se passe dans un coin caché, même si je ne vois pas ce qui me donne cette impression. 

Ce personnage me fait penser au semeur dans différentes peintures et dessins de Van Gogh.  Il n'est pas un semeur dans la juste signification du terme, mais il me semble en être un quand même ... Il pourvoit d'une nourriture riche les poissons qui nagent dans la rivière, symbole de l'inconscient personnel.  Le champ cultivé d'où provient cette nourriture est aussi symbole de l'inconscient.

Quelques jours avant, le 22 juillet, j'ai rêvé à un chat, mon chat (je n'en ai pas en réalité, mais j'en ai eu dans le passé).  Je me rendais compte tout à coup qu'il y avait longtemps que je n'avais pas pensé à le nourrir.  J'ai donc ouvert une boîte de sardines et avant que j'aie pu les disposer dans une assiette, il s'est jeté dessus avidement.  De toute évidence il avait grand faim.  Je me suis dit qu'il ne fallait plus que je l'oublie.  Je me suis promis d'acheter des boîtes de sardines pour lui à l'avenir.

Dans ce même rêve du chat, il était question d'un homme qui était mort et qui cherchait à entrer en contact avec des personnes de sa connaissance pour leur dire que son esprit était encore parmi eux.  Il avait eu un accident de voiture, il conduisait et il y avait une passagère aussi.  Ils avaient foncé sur ce qui semblait être un bloc sculpté au milieu de la rue.  Il y avait aussi un homme chez moi qui semblait indifférent à propos du chat et je me demandais comment couper les liens avec lui.

Après avoir eu la vision du semeur, j'ai pensé à mon chat.  Ces poissons nourris convenablement pourraient très bien lui servir de nourriture à leur tour.  Une riche nourriture qui le maintiendrait en forme.

Et pour compléter le tout, le 8 août, j'ai eu la vision d'un gros morceau de chair blanche qu'on coupait presque en deux et étendait ensuite.  Je l'ai pris en main, j'étais surprise de ne pas sentir que je le tenais, comme si le sens du toucher me faisait défaut.  Cette chair était à n'en pas douter la chair d'un gros poisson, bien que sous cet aspect ce n'était plus évident.

Le sens du toucher me faisait défaut:  le niveau sensitif n'est pas très développé chez moi.  Et c'est peut-être ce qui est représenté dans ce rêve où j'oubliais de nourrir mon chat.  La fonction sensation est notre contact avec la réalité.  La fonction la moins développée en nous est paraît-il la fonction qui fait le lien entre nous et l'inconscient.  Ainsi en est-il de l'animus, cet archétype masculin qui vit à l'intérieur de chaque femme.  Comment ces deux éléments sont-ils reliés, je l'ignore, mais dans ce rêve du chat affamé, il y avait aussi deux hommes, l'un qui était mort et cherchait à entrer en contact et l'autre indifférent à la situation.  Ce rêve parle donc d'inconscience et de besoins naturels qu'il ne faut pas oublier de satisfaire.

A suivre ... peut-être y aura-t-il d'autres indices dans les semaines à venir! 

En attendant, je vais tâcher de ne pas oublier mon chat!

Michelle


mercredi 5 août 2015

La montagne

Pic de l'Aurore, en Gaspésie


J'étais très jeune quand j'ai fait mon premier grand rêve. Je devais avoir 8 ou 10 ans. J'ai fait ce même rêve au moins deux fois, peut-être trois:
Je quittais l'endroit où je vivais à la campagne.  Dans un de ces rêves, je disais adieu à mon cheval.  Et je me retrouvais au pied d'une haute montagne accompagnée d'un compagnon poilu: un ours qui marchait comme un humain mais ne me parlait pas.  Et là commençait un long périple. 

Je n'escaladais pas cette montagne, j'entrais dedans.  J'entrais dans un tunnel et marchais à quatre pattes à l'intérieur.  L'ours me suivait.  Après avoir ainsi rampé dans le noir un bout de temps, nous arrivions à une pièce creusée dans la montagne où se trouvaient un ou des bureaux anciens et sur ces bureaux je découvrais des petits coffrets, des fioles.  Et j'ouvrais chacun de ces petits contenants.  Chaque fois, j'avais un merveilleux sentiment en découvrant ce qui se trouvait là.   Le rêve ne me montrait jamais le contenu.  Et le périple continuait.  De nouveau, je rampais dans le noir, l'ours derrière moi, et puis je découvrais une nouvelle pièce où se trouvaient un ou des bureaux sur lesquels reposaient des petits coffres, des fioles.  Et chaque fois que j'ouvrais un de ces contenants, je ressentais un nouvel émoi.  Et le rêve continuait ainsi.  Je découvrais toujours de nouvelles pièces, de nouveaux trésors, quatre fois, cinq fois, six fois ...  C'était magique!

J'ai compris plus tard que ce rêve préfigurait mon cheminement intérieur, avec ses moments pénibles dans le noir, mais aussi toutes les petites découvertes qui ont jalonné ma vie et m'ont permis peu à peu de me connaître et de m'aimer comme je suis.
Michelle


dimanche 17 mai 2015

J'ai rêvé à Jung


Le matin du 11 mai, j'ai rêvé à Carl Jung.  Dans mon rêve, il avait à peu près cette apparence.  Depuis plusieurs semaines, il me semble qu'il ne se passe rien d'intéressant dans mon cheminement, et voilà que je fais ce rêve: 

J'avais acheté des pilons de poulet pour le repas, en souvenir d'un événement qui était arrivé avant.  J'étais assise en train d'enlever la peau sur les pilons. Je pense qu'il y avait une femme à ma droite.  J'en ai le sentiment mais je ne l'ai pas vue.  L'événement que je voulais célébrer c'est que j'étais en analyse avec Carl Jung et il en était ressorti le chiffre 5.  Pour souligner ça, nous étions allés tous les deux au restaurant dans l'intention de choisir le menu numéro 5, qui consistait en des pilons de poulet.  Pendant que je dénudais les pilons, Jung est arrivé (à ma gauche), comme s'il était mon conjoint venu pour souper.  Et il apportait deux pilons de poulet.  Ceux-ci étaient différents des miens, plus pâles.  (A mon réveil je me suis dit qu'ils ressemblaient à des pénis non-circoncis.)   Il les avait apportés pour la même raison, en souvenir de l'événement du chiffre 5.  Je lui ai demandé s'il préférait manger du steak à la place du poulet.  J'en avais une bonne quantité dans un emballage rectangulaire ... à peu près 5 livres, à vue de nez.  Je me suis mise ensuite à lui raconter ce qui était arrivé le jour du restaurant.  En même temps, je revoyais la scène:  je m'étais assise à une table.  Jung n'était pas avec moi à ce moment-là.  La serveuse est venue me dire que je devais faire comme les autres clients, aller me servir au buffet.  Alors je me suis mise à lui expliquer qu'en analyse, le chiffre 5 avait été mis en évidence.  Et que nous voulions donc manger seulement le repas qui correspondait à ce numéro.  Elle m'a demandé où était mon analyste en ce moment.  Je me suis rendue compte que je me sentais de plus en plus animée en racontant à Jung ce qui s'était passé ce jour-là.

Quand je me suis réveillée, j'ai d'abord pensé que le premier événement, je l'avais rêvé quelques jours avant, mais j'ai vite réalisé qu'il n'en était rien.

A propos du chiffre 5, j'ai pensé tout de suite au Yi-King.  L'hexagramme No 5 est Su: L'ATTENTE  (nutrition):

"Tous les êtres ont besoin de la nourriture d'en haut. Mais les aliments sont administrés en leur temps, qu'il faut attendre. L'hexagramme montre les nuages dans le ciel répandant la pluie qui réjouit tout ce qui croît et pourvoit l'homme de nourriture et de boisson. Cette pluie viendra à son heure. On ne peut la faire venir de force, mais il faut l'attendre... Face au danger, la force ne se précipite pas mais sait attendre, tandis que la faiblesse tombe dans l'agitation et n'a pas la patience d'attendre."

"L'attente n'est pas un espoir vide. Elle a la certitude intérieure d'atteindre son but. Seule cette certitude intérieure donne la lumière qui conduit à la réussite. Celle-ci mène à la persévérance qui apporte la fortune et confère la force de traverser les grandes eaux... La faiblesse et l'impatience sont impuissantes. Seul celui qui est fort viendra à bout de son destin, car il peut tenir ferme jusqu'à la fin grâce à son assurance intérieure. Cette force se révèle dans une sincérité inflexible. Ce n'est que lorsque l'homme est capable de regarder les choses telles qu'elles sont, sans illusion ni duperie à l'égard de lui-même, qu'il se dégage des événements une lumière grâce à laquelle on peut discerner la voie du succès. Une telle connaissance doit être suivie d'une action résolue et persévérante, car c'est seulement lorsque l'homme affronte résolument son destin qu'il peut en venir à bout. On peut alors traverser les grandes eaux, c'est-à-dire prendre la décision qui s'impose et tenir tête au danger."

"Des nuages montent dans le ciel:  Image de l'ATTENTE.  Ainsi l'homme noble mange et boit; il est joyeux et de bonne humeur."

"Quand les nuages montent dans le ciel, c'est le signe qu'il va pleuvoir.  Il ne reste alors plus rien à faire que d'attendre que la pluie tombe.  Il en est de même dans la vie quand un destin se prépare.  Lorsque les temps ne sont pas encore accomplis, on ne doit pas se mettre en souci et s'efforcer de façonner l'avenir par son activité et son intervention propres, mais il convient de rassembler paisiblement ses forces en mangeant et en buvant, pour ce qui est du corps, et en étant de bonne humeur, pour ce qui concerne l'esprit.  Le destin vient de lui-même et alors on est prêt."

Commentaires:

Le lien entre mon rêve, ma situation actuelle (impression qu'il ne se passe rien) et cet hexagramme me paraît évident.  Je dois d'abord faire cuire ce repas, ce qui nécessite quelques étapes, en commençant par enlever la peau sur les pilons, et ensuite l'attente du résultat. - A propos de circoncision, dans le dictionnaire des symboles (Laffont), j'ai trouvé ceci:  "Dans les régions polynésiennes, comme chez les Juifs, elle répète la section du cordon ombilical pratiquée à la naissance de l'enfant et symbolise une nouvelle naissance, c'est à dire l'accès à une nouvelle phase de la vie." - Dans mon rêve, la première étape de la préparation de mon repas est d'enlever la peau sur les pilons et ceux que Jung m'apporte me font penser à des pénis non-circoncis - Quant au chiffre 5, dans le même dictionnaire des symboles, on dit ceci entre autres:  "Le nombre 5 tire son symbolisme de ce qu'il est, d'une part, la somme du premier nombre pair et du premier nombre impair (2 + 3); d'autre part, le milieu des neuf premiers nombres.  Il est signe d'union, nombre nuptial disent les Pythagoriciens; nombre aussi du centre, de l'harmonie et de l'équilibre." - Signalons en passant que les hexagrammes du Yi-King sont formés de lignes continues (Yang, correspondant au chiffre 3) et de lignes interrompues (Yin, correspondant au chiffre 2).


La serveuse du restaurant me reproche de ne pas aller me servir au buffet comme les autres clients.  Un peu mal à l'aise, comme toutes les fois où on me réprimande, je m'explique.  A situation spéciale, procédure spéciale.  J'attendrai qu'on nous serve plutôt que de me servir moi-même.  Le repas sera moins copieux peut-être, mais ce qui a le plus de valeur pour moi c'est ce qui est significatif en ce moment symboliquement et donc me concerne personnellement.  Je suis certaine que mon comportement est légitime, c'est pourquoi je me sens de plus en plus animée quand je raconte cet incident à Jung.

Se nourrir de ce qui advient pour attiser notre feu intérieur, telle est la partie qui nous incombe dans l'alchimie de notre vie.

Michelle

P.S.  "Par hasard", en cherchant autre chose, je retrouve dans un cahier d'il y a deux ans un extrait du livre "Les sept plumes de l'aigle" d'Henri Gougaud, où on parle de circoncision  (quelques heures après avoir écrit cet article):

- Est-ce qu'El Chura t'a circoncis?

- Circoncis?  Dieu du ciel!  Pourquoi l'aurait-il fait?  Il s'est mis à rire.  Il s'est empoigné l'entrejambe.
 
- Pas là.  Et cognant son front de l'index - Ici!

Et plus tard il explique ce qu'il a voulu dire:

- Tu vois, le monde, lui n'a pas de capuchon. Il capte tout du ciel, du soleil, des étoiles. Si ton crâne était circoncis, il pourrait accueillir mille choses qu'il ne peut percevoir parce qu'il est couvert, comme ton sifflet. Ton trou est tout petit et ce qui vient d'en haut a du mal à passer.

- J'aimerais être grand ouvert, don Benito, comme le monde.  Dites-moi comment faire.

- Oublie tes peurs, tes opinions.  Sens les choses et laisse venir.  Accueille tout, ne pense pas.

 


dimanche 18 janvier 2015

Le trou dans la pierre



J'ai eu une vision intérieure le 13 janvier dernier, que j'ai reproduite hier dans ce montage.

D'abord, j'ai entendu la voix d'un homme qui parlait d'une femme.  Il disait qu'elle croyait que sa vie serait différente (dans le contexte d'un voyage intersidéral) mais qu'il n'en serait rien, étant donné que ce voyage serait bien plus long que la durée de sa vie.  Elle n'arriverait donc pas elle-même au but du voyage. 

Et moi je me suis dit que sa vie serait quand même différente intérieurement, à cause de l'attitude nouvelle qui serait la sienne, dans la perspective du but, même lointain, de ce voyage.

C'est là que j'ai vu un trou rond dans un mur de pierre.  Un hublot, en quelque sorte.  Et à travers ce trou, j'apercevais des tissus de couleurs pastelles.  J'ai surtout remarqué le rose.  Ces tissus m'ont fait penser irrésistiblement aux robes des personnages féminins des dessins de Disney, les robes de Cendrillon et d'Aurore (la belle au bois dormant) entre autres.

Et puis le trou s'est un peu agrandi, et en plein centre de ce trou, de cette fenêtre, est apparu un petit cœur de pierre.  Ce qui, dans mon esprit, a résonné comme une confirmation de la justesse de mon point de vue.

J'ai commencé depuis peu à méditer.  En fait, je connais cet état de méditation depuis très longtemps, mais j'ai récemment assisté à un cours de méditation sur mon lieu de travail, qui m'a incitée à méditer sur une base plus régulière.  Et quel grand bien ça me fait!
  
De plus, en ce moment, je suis en train de relire "Sri Aurobindo ou l'Aventure de la conscience" de Satprem, que j'ai déjà lu deux fois dans le passé, avec vingt ans d'intervalle à chaque fois (dans la vingtaine, dans la quarantaine, et puis maintenant... Dans ce livre, Satprem parle de la méthode de yoga intégral de Sri Aurobindo.  Je le recommande à tous sans restriction.  Quel trésor!

Je pense que cette vision intérieure (pour employer le terme de Sri Aurobindo que je vais adopter dorénavant, au lieu de parler d'image mentale ou psychique) fait référence à l'aventure intérieure que j'ai personnellement entreprise il y a bien longtemps, mais qui prend ces dernières semaines une nouvelle tournure pour moi.  Cette femme est consciente, dans son "fort intérieur", que l'aventure ne fait que commencer pour elle-même et aussi pour l'humanité.  Qu'à cela ne tienne, le jeu en vaut la chandelle.

Satprem écrit:  "Le vrai système de yoga consiste à attraper le fil de sa propre conscience, ce "fil brillant" dont parlaient les rishis, et de s'y accrocher et d'aller jusqu'au bout."

Oui, l'aventure de la conscience ne fait que commencer!  Quel magnifique voyage en perspective!  

10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, l ... Partons!

Michelle

lundi 1 septembre 2014

Dialogue entre le petit homme et le grand cervidé

 
Le dieu Cernunnos avec son immense serpent à tête de bélier
Photo prise au jardin botanique en août 2013
 
A la fin de mon précédent article, j'ai écrit qu'il serait intéressant de confronter ces deux personnages l'un à l'autre:  le petit docteur blanc et le grand cervidé, qui ressemble au dieu Cernunnos de la mythologie celte.  (Merci à Carole pour le rapprochement).  Je ne savais pas trop comment les amener à dialoguer.  Je les ai d'abord interrogés à tour de rôle.  Le petit homme blanc m'a exprimé le paradoxe qui l'habite.  Il a peur du monde extérieur, par contre il sait qu'il ne peut rien expérimenter dans son athanor sans contacts humains. 

J'ai demandé au grand cervidé ce qu'il faisait chez moi.  Il m'a répondu que d'une façon certaine, je l'avais appelé ... "et je pense que ça a un certain rapport avec l'isolement du petit homme blanc.  Je suis puissant naturellement, j'ai puisé cette énergie au fil du temps autour de moi.  Dans la nature et dans tous ses prolongements."

Et à la fin de notre rencontre, le petit homme blanc s'est adressé directement au grand cervidé  (H: petit homme - C: grand cervidé)

H:  Tu crois que j'ai besoin de toi?

C:  Tous ont besoin de moi.  Je suis le dieu de l'abondance et de la régénération.

H:  Et toi, est-il possible que tu aies besoin de moi?

C:  J'ai besoin de tout ce qui vit pour continuer le monde.  Chaque élément est important.

H:  Même un apprenti-sorcier comme moi, craintif et solitaire?

C:  Tu trouveras ton chemin bien plus sûrement qu'un homme arrogant et trop confiant.

H:  Quelle peut être la place d'un petit homme comme moi dans ce vaste monde?

C:  Celle où te mèneront tes pas.  Fais confiance à la vie, elle te conduira.

H:  Dieu de la nature, ne peux-tu me donner un indice qui raffermirait ma foi?

C:  Petit homme, c'est au fond de ton âme que niche le secret qui n'appartient qu'à toi.  Je ne peux plus t'aider.  A partir de ce point-là ... c'est toi qui m'aideras!


A la prochaine,
Michelle

1er septembre 2014